Le 2 mai dernier, Mme Carlotti, Ministre Déléguée chargée des Personnes Handicapées, présentait officiellement le 3è plan autisme. Celui-ci était très attendu des associations de familles et très redouté des associations liées à la psychanalyse. Celles-ci multiplient les protestations dans la presse et par courriers au gouvernement, faisant tout pour faire capoter le Plan Autisme et surtout ses orientations : tourner le dos à la psychanalyse et au tout psychiatrique, et s’engager dans la voie des prises en charges éducatives, 40 ans après le reste du monde. Face aux autistes et à leurs familles, aujourd’hui, le pire contre-attaque.
Si l’on devait résumer le plan autisme 3 de Mme Carlotti, on pourrait le faire en 3 points :
1- Il est enfin acté officiellement que la psychanalyse n’a rien à faire dans le domaine de l’autisme et qu’il faut mettre en place les prises en charges éducatives
2- On initie une démarche de dépistage très précoce, dès 18 mois, suivie d’une intervention éducative précoce
3- Les formations professionnelles seront réformées et mises en conformité avec les connaissances scientifiques et les recommandations de la HAS ; un effort de formation important à destination des professionnels en place sera effectué.
Ces actions étaient réclamées depuis des années par les associations de familles (voir par exemple ce document qui détaille les demandes des associations d’usagers). Il y aurait donc lieu de se réjouir, d’autant plus que Mme Carlotti (aidée du député Gwendal Rouillard et ses collègues du Groupe d’Etudes Autisme de l’Assemblée) a bataillé ferme pour décrocher un budget de plus de 200 millions d’Euros, ce qui n’est pas chose facile en ces temps de crise. Surtout quand on se souvient de l’opposition vigoureuse d’une bonne partie de la psychiatrie française, très influente dans le milieu sanitaire et donc auprès de la Mme Touraine, ministre de tutelle de Mme Carlotti.
Reconnaissons que Mme Carlotti a fait de son mieux et a obtenu un résultat honorable. Cependant, comme le rappelle Daniele Langloys, Présidente de Autisme France, « on ne rattrapera 40 ans de retard avec 200 millions d’Euros. C’est un Plan Marshall qu’il aurait fallu ».
Author: AgoraVox
